Gekatex réinvente le masquage dans l’atelier de peinture aéronautique

Dans le monde en évolution rapide de la construction aéronautique, quelques petites tâches peuvent créer des goulets d’étranglement majeurs. Il s’agit notamment du masquage, qui protège les composants contre les éclaboussures de peinture. Gekatex propose une solution textile réutilisable.

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Prenez la peinture d’un seul avion de ligne, où jusqu’à huit couches de peinture sont nécessaires. Le masquage est utilisé pour protéger les composants et les équipements sensibles contre les éclaboussures, comme les pare-chocs en mousse souple de la nacelle.

De nos jours, la solution la plus courante consiste à enrouler du papier kraft autour des parties vulnérables aux micro-gouttelettes de peinture, et à le changer entre les couches. Cela signifie jusqu’à 600 m² de papier kraft par avion ! Si l’on multiplie ce chiffre par 800 avions, on obtient des résultats astronomiques : près de 491 500 m² ou 307 kilomètres de papier, d’énormes quantités de ruban adhésif et des milliers d’heures de travail pour l’équipe chargée de ramasser les déchets et de nettoyer l’atelier.

Cependant, dans les audits de performance, cette étape n’est jamais prise en compte : « Les carnets de commandes sont pleins à craquer, mais le goulot d’étranglement chez Airbus comme chez Boeing est causé par l’étape de peinture. Dans les processus de construction aéronautique, tout est optimisé : temps de cycle, temps de production, rendement, tout sauf le masquage ! « déclare Vincent Rambeau, seul responsable du marché aéronautique mondial de Gekatex France, « Et c’est précisément là que la productivité peut être révolutionnée en gardant la même protection tout au long du cycle de peinture. »

Du papier kraft au textile technique : une alternative intelligente

Avec le FastMasking de Gekatex, le papier et le ruban adhésif sont remplacés par une housse en tissu durable, lavable et réutilisable. Ce tissu est composé de fibres élastiques, avec un tissage spécial à la fois adhésif et résistant. Il est fabriqué dans les deux usines de l’entreprise en Chine et en Inde.

Pour cette protection sur-mesure, une couturière du siège de La Chapelle d’Armentières, près de Lille, crée un motif adapté à la taille de l’objet à protéger. Le prototype est ensuite dupliqué sur place.

Les gains sont mesurables. « Le masquage conventionnel des pare-chocs prend environ 400 minutes avec chaque avion », explique Vincent Rambeau. « Avec notre solution textile, c’est en moins de 18 minutes. »

En termes financiers, le produit FastMasking coûte environ 1 800 € pour six nacelles (nécessitant une cabine de peinture), pour un mois d’activité. Cette situation est compensée par des économies de matériaux, de main-d’œuvre et d’élimination des déchets. Safran Aero Composites a gagné 20 jours de productivité par an et a réalisé une économie d’environ 1 million d’euros. Le géant français des revêtements Satys a fait état d’un gain de temps de 95 % (sur 390 minutes) grâce au masquage textile protégeant les composants critiques pour la sécurité. La société Airplane a annoncé sa collaboration au début du salon.

Gekatex souhaite désormais étendre sa protection textile à d’autres zones sensibles : les trains d’atterrissage, les stabilisateurs et les aubes de moteur : des zones où le masquage classique est à la fois chronophage et sujet aux erreurs.

Le segment aéronautique représente aujourd’hui 2,5 M€ sur les 30 M€ de chiffre d’affaires de Gekatex. L’objectif est de doubler ce chiffre d’ici 2027.

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Gekatex Polyscrub SR : lingettes sans solvant pour l’avion

Utilisée pour éliminer toute trace de mastic frais (utilisé pour l’étanchéité), de graisse et d’adhésif, la lingette réduit l’exposition de l’opérateur aux effets néfastes des composés organiques volatils présents dans les produits professionnels. Parfois, seule une petite quantité de solvant peut être nécessaire.
Ces lingettes remplacent de nombreux chiffons et solvants, et peuvent être réutilisées trois ou quatre fois. Disponibles en plusieurs tailles, ils sont utilisés par une cinquantaine de clients, dont le groupe Latécoère, le groupe Figeac, Dassault Aviation, Lockheed Martin et le groupe Airbus.