Syderal : le laser français qui vise les drones et les missiles à l’horizon 2030

Syderal, le laser français qui vise drones et missiles

Développé par un consortium français, le démonstrateur Syderal marque une étape stratégique vers une arme laser de haute puissance. Son objectif : neutraliser drones, roquettes et munitions téléopérées, avec des applications opérationnelles attendues dès la prochaine décennie.

Le programme Syderal incarne l’ambition française de doter ses forces armées d’une arme laser capable de neutraliser les menaces aériennes à courte portée. Objectif : une entrée en service à l’horizon 2030.

Conçu pour détruire des drones tactiques, des roquettes, des obus de mortier ou encore des munitions téléopérées, ce démonstrateur de plusieurs dizaines de kilowatts reposera sur des technologies de pointe visant à concentrer et combiner l’énergie laser avec une efficacité maximale. Une performance rendue possible grâce à une architecture modulaire et évolutive, compacte malgré la puissance visée, et opérationnelle de jour comme de nuit.

Faire face aux menaces complexes

Le consortium industriel chargé du projet — regroupant MBDA, Safran Electronics and Defense, Thales, Lumibird et Cilas — met à profit des expertises avancées dans des domaines technologiques clés : combinaison de faisceaux laser, suivi vidéo automatique de haute précision et optique adaptative. Autant de briques technologiques qui offriront à Syderal une efficacité accrue par rapport aux systèmes concurrents développés dans le monde.

Une première notification de 10 millions d’euros a été attribuée en 2024 pour poser les bases de cette capacité souveraine. Elle visait à développer une filière française de sources laser capables d’être combinées à grande échelle pour atteindre une très forte puissance énergétique.

Syderal ne constitue qu’une première marche. L’ambition, à terme, est claire : faire face à des menaces plus complexes, y compris les missiles, avec une solution laser à la fois fiable, mobile et souveraine. Une nouvelle ère s’ouvre pour la défense anti-aérienne française.

Pascal SAMAMA