Un flux d’oxygène continu généré à bord de Safran

Après avoir acquis les activités oxygène et azote d’Air Liquide il y a deux ans, Safran dispose désormais de l’ensemble du spectre de l’oxygène aéronautique civil et militaire. C’est la première fois que l’OBOGS (On-Board Oxygen Generating System) est présenté sous l’égide de l’entreprise.

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© Crédit : Romain Sosso – Explore Studio

Contrairement aux bouteilles d’oxygène liquide, l’OBOGS génère de l’air enrichi en oxygène dans un flux continu sans limite de capacité pour les pilotes. Safran utilise une régulation électronique avancée, adaptant l’apport de CO2 aux paramètres de vol et à la respiration du pilote, une nouveauté à bord. Ce système permet d’ajuster l’oxygène en fonction de l’altitude et du facteur de charge, pour le personnel militaire et les changements de respiration.

Les contraintes logistiques des bouteilles sont éliminées, et « l’espace et le poids sont économisés, grâce au concentrateur qui génère cet air et au détendeur, la partie la plus critique, qui adapte le débit aux besoins physiologiques du pilote en fonction des différents paramètres », explique Joachim Bellanger, directeur commercial de la business unit oxygène de Safran Aerosystems. En cas de défaillance temporaire ou d’éjection, par exemple, une bouteille de rechange prend automatiquement le relais en quelques secondes. Celui-ci est mis en œuvre sur le siège éjectable et fournit une alimentation électrique continue au pilote militaire.

À bord des Rafale et F-35

Dans le secteur civil, la dépressurisation nécessite des masques auxquels les pilotes peuvent accéder en moins de sept secondes, et des systèmes portables ou des cagoules pour les équipages de conduite. Les passagers sont munis de masques reliés à des générateurs de produits chimiques.

Ces générateurs d’oxygène chimiques offrent une plus grande autonomie, permettant d’emprunter des itinéraires plus directs, y compris au-dessus de chaînes de montagnes comme l’Himalaya. Cela permet de réduire à la fois les émissions de CO2 et les temps de trajet.

OBOGS a été utilisé à bord des Rafale et des F-35 dès le début. Devenu un prérequis pour les forces armées, il est un équipement standard pour tous les programmes d’avions, en particulier la sixième génération de chasseurs comme le F47 américain et le FCAS (Future Combat Air System). « Mais des fonctions avancées seront ajoutées, notamment des capteurs pour surveiller l’état de santé du pilote », explique Joachim Bellanger. Par exemple, ils mesureront la pression artérielle et la concentration d’oxygène dans le sang tout au long de la mission, ou le risque de syncope, avec un système d’oxygène en boucle fermée qui peut réagir automatiquement.