SparteX 2026 : la France muscle son entraînement militaire spatial face à la montée des menaces

Face à la montée rapide des menaces dans l’espace, la France renforce son entraînement militaire spatial. Du 8 au 27 février 2026, le commandement de l’espace organise SparteX 2026, un exercice de préparation opérationnelle inédit en Europe, conçu pour tester la résilience et l’interopérabilité des capacités spatiales françaises et alliées dans un scénario de conflit de haute intensité.

Du 8 au 27 février 2026, le commandement de l’espace organisera à Toulouse l’exercice Spartex 2026 (Space Readiness and Training Exercise), nouvelle dénomination de l’exercice Astérix

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Puissance spatiale historique, la France accélère la montée en puissance de sa défense spatiale. Du 8 au 27 février 2026, le commandement de l’espace organisera à Toulouse l’exercice SparteX 2026 (Space Readiness and Training Exercise), nouvelle dénomination de l’exercice Astérix, devenu le rendez-vous annuel majeur de préparation opérationnelle des forces spatiales françaises et alliées.

Cet exercice intervient dans un contexte de durcissement rapide de la conflictualité dans l’espace, désormais reconnu comme un champ de confrontation à part entière, au même titre que les milieux terrestre, maritime, aérien et cyber. Créé en 2019, le commandement de l’espace a pour mission de surveiller, de protéger les satellites français et de soutenir les opérations militaires. Son action s’inscrit dans le cadre de la stratégie spatiale de défense adoptée la même année.

Ce socle doctrinal a été renforcé et prolongé par la stratégie nationale spatiale, présentée par le président de la République le 12 novembre 2025 à Toulouse, qui fixe les orientations de la politique spatiale française à l’horizon 2040.

« Le niveau d’ambition est clair : liberté d’action, souveraineté française et européenne », a rappelé la déléguée générale lors d’un point presse dédié à la présentation de l’exercice. « Et pour y répondre, s’entraîner est essentiel, avec des exercices comme Astérix devenu Spartex. »

Un nouveau champ de bataille stratégique

Pour le général de division aérienne Vincent Chusseau, à la tête du Commandement de l’espace (CDE), la dépendance croissante des armées aux capacités spatiales rend celles-ci particulièrement vulnérables.

« Le spatial est stratégique et l’une des clés de notre efficacité militaire », a-t-il souligné. « Sans capacités spatiales résilientes, nos opérations terrestres, navales et aériennes seront compromises. »

Depuis 2017, et plus encore depuis 2022, les comportements hostiles se multiplient : opérations de rapprochement orbital, capacités antisatellites, brouillages GPS ou attaques cyber. « Les actions malveillantes ou menaçantes n’ont cessé de se développer », a insisté le général Chusseau, citant notamment les tirs de missiles antisatellites et les attaques observées en Ukraine. Dans ce contexte, « la guerre de demain peut être perdue dans l’espace », a-t-il averti, justifiant l’accélération des efforts français en matière de défense spatiale.

C’est précisément pour se préparer à ces scénarios que le commandement de l’espace organise cette nouvelle édition de son exercice spatial militaire annuel, et unique en Europe. Pour marquer la déclaration de la première capacité opérationnelle du commandement de l’espace fin 2025, l’exercice change de nom et de dimension. « SparteX vise à entraîner et certifier les unités aux opérations spatiales militaires dans un environnement réaliste, complexe et interconnecté », explique le général Chusseau.

Articulé avec l’exercice interarmées Orion 26, Spartex en incarne la composante spatiale dans un scénario de conflit de haute intensité, avec une forte orientation multi-domaines. L’exercice est structuré en trois phases : une phase d’agression, une phase de confrontation testant la réactivité du commandement, puis une phase nationale dédiée à l’appui spatial aux opérations d’Orion.

Une dimension multinationale affirmée

SparteX 2026 illustre également l’internationalisation croissante de la défense spatiale. Dix-neuf joueurs issus de douze pays partenaires — dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon ou encore l’Australie — seront pleinement intégrés à l’exercice, aux côtés de vingt pays observateurs.

« Il s’agit de renforcer l’interopérabilité et la compréhension partagée de l’environnement spatial », a rappelé le commandant de l’espace, dans la continuité de l’engagement français au sein de l’opération multinationale Olympic Defender, rejointe en 2024.

Au total, près de 200 participants seront mobilisés, confrontés à 28 événements spatiaux, à la simulation de 4 000 objets orbitaux et dix types de menaces, couvrant l’ensemble du spectre des actions militaires dans l’espace.

Au-delà de cet exercice, SparteX 2026 s’inscrit dans une dynamique capacitaire plus large, soutenue par plus de 6 milliards d’euros inscrits dans la loi de programmation militaire, complétés par des annonces présidentielles en novembre 2025. L’objectif est de « préserver notre liberté d’action et notre autonomie d’appréciation et de décision », en renforçant la résilience des infrastructures spatiales critiques et en développant des capacités d’action dans et vers l’espace.

Avec SparteX 2026, la France confirme son ambition de rester une puissance spatiale militaire de premier rang, capable d’anticiper les conflits de demain et de défendre ses intérêts dans un environnement orbital désormais contesté.