Drones tactiques : Renault et Turgis Gaillard lancent Chorus, un pari industriel pour la défense française

Le constructeur automobile français s’engage pour la première fois dans l’industrie de l’armement. Aux côtés du spécialiste tricolore du drone Turgis Gaillard, Renault lance Chorus, une coentreprise dédiée au développement et à la production de drones tactiques de combat. Un projet stratégique soutenu par la Direction générale de l’armement, aux ambitions industrielles et opérationnelles élevées.

Le programme Chorus pourrait déboucher sur un contrat d’une durée de dix ans avec la DGA, pour un montant estimé à environ un milliard d’euros.
Le programme Chorus pourrait déboucher sur un contrat d’une durée de dix ans avec la DGA, pour un montant estimé à environ un milliard d’euros.

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Renault s’apprête à franchir un cap inédit dans son histoire industrielle. Selon des révélations de L’Usine Nouvelle, le groupe automobile français s’est associé à Turgis Gaillard pour développer des drones de combat au sein d’une coentreprise baptisée Chorus, détenue à parts égales par les deux partenaires.
Ce mouvement marque l’entrée officielle de Renault dans le secteur de l’armement, à travers un programme qui s’inscrit dans la dynamique actuelle de montée en puissance des capacités européennes en matière de drones militaires.

Chorus, un drone tactique aux ambitions élevées

Le programme Chorus vise le développement d’un drone tactique d’environ dix mètres d’envergure, capable de remplir un large spectre de missions, de la surveillance à des frappes à longue distance. Si les caractéristiques techniques précises restent confidentielles à ce stade, l’appareil est présenté comme une réponse française aux évolutions rapides de la guerre aérienne, largement marquée par l’essor des systèmes sans pilote.

La Direction générale de l’armement (DGA) a d’ores et déjà proposé un contrat initial de 35 millions d’euros, notifié fin décembre. Le drone devra toutefois franchir une étape clé : une campagne d’essais en vol prévue d’ici septembre, condition préalable à toute commande opérationnelle.

Pour mener à bien ce programme, Renault s’appuie sur le savoir-faire de Turgis Gaillard, PME française spécialisée dans les systèmes de drones. Cette alliance permet au constructeur automobile de s’appuyer sur une expertise éprouvée dans les technologies sans pilote, tout en apportant sa propre maîtrise des processus industriels, de la production en série et de l’optimisation des coûts.

L’objectif affiché est clair : concevoir un drone à coût maîtrisé, capable d’être produit à grande échelle.

Une production industrielle intégrée aux usines Renault

Fait notable, l’assemblage des drones Chorus ne serait pas confié à des sites militaires spécialisés. Selon L’Usine Nouvelle, la production pourrait être intégrée directement aux infrastructures industrielles de Renault, notamment sur les sites du Mans et de Cléon, habituellement dédiés aux motorisations automobiles.

À terme, le rythme de production envisagé atteindrait jusqu’à 600 drones par mois, après une première année de montée en cadence industrielle — un volume sans précédent pour un programme de drones tactiques français.

Sur le plan économique, les perspectives sont considérables. Le programme Chorus pourrait déboucher sur un contrat d’une durée de dix ans avec la DGA, pour un montant estimé à environ un milliard d’euros.
Au-delà des chiffres, ce projet illustre une tendance de fond : l’implication croissante des grands industriels civils dans l’écosystème de la défense, à l’heure où les armées cherchent à produire vite, en masse et à coût contenu.

Avec Chorus, Renault ne se contente plus de diversifier ses activités. Le constructeur s’inscrit désormais dans la recomposition stratégique de l’industrie de défense française, au croisement de l’innovation, de l’industrialisation et des nouveaux besoins opérationnels.