Laser anti-drones : la Royal Navy accélère face à la multiplication des menaces
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Avec le système DragonFire, Londres mise sur une rupture technologique majeure pour contrer la prolifération des drones à bas coût. Entre réduction drastique du coût par tir et montée en puissance accélérée, les armes à énergie dirigée s’imposent comme une réponse stratégique dans les conflits de haute intensité.
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La Royal Navy accélère sa bascule vers les armes à énergie dirigée. Londres a confirmé le déploiement à bord de ses navires, dès 2027, du système laser anti-drones DragonFire laser system, un dispositif d’environ 50 kW développé par un consortium réunissant le Ministry of Defence, MBDA, Leonardo, QinetiQ et le Defence Science and Technology Laboratory.
« Ce laser anti-drones complète l’armements de défense aérienne de la Royal Navy, qui comprend les systèmes de missiles Sea Viper et Sea Ceptor qui ont récemment abattu des cibles houthies lors d’opérations en mer Rouge avec le HMS Diamond et le HMS Richmond », annonce la Royal Navy.
Une réponse économique à la menace des drones
Capable d’engager des cibles évoluant jusqu’à 640 km/h, DragonFire incarne un changement de paradigme : si le développement du système représente un investissement de l’ordre de 200 millions de dollars, le coût unitaire d’un tir est estimé à seulement 13 dollars — très loin des centaines de milliers de dollars nécessaires pour un missile intercepteur classique.
Autre signal fort : le calendrier. Initialement prévu plus tard, le programme a été accéléré d’environ cinq ans, reflet d’une course mondiale pour contrer la prolifération de drones bon marché sur les champs de bataille.
Les premiers tirs, menés dans les Hébrides extérieures en Écosse, ont permis de valider les capacités de poursuite et de précision du système. « Le laser peut suivre avec succès des cibles aériennes et maritimes avec une précision exceptionnellement élevée », a indiqué Chris Allam, directeur général de MBDA UK.
Ces essais à basse puissance ouvrent la voie à une montée en régime progressive : tests statiques à pleine puissance, puis expérimentations dans des scénarios opérationnels représentatifs, avant l’intégration navale.
Une course mondiale aux armes anti-drones
Le retour d’expérience du conflit en Ukraine a profondément rebattu les cartes. Les drones — notamment les munitions rôdeuses comme les Shahed drones — se sont imposés comme des multiplicateurs de puissance à faible coût, obligeant les armées à repenser leur défense aérienne rapprochée.
Les États-Unis explorent ainsi des solutions alternatives, notamment des armes à impulsion électromagnétique capables de neutraliser des essaims entiers en saturant leur électronique. De son côté, l’Ukraine mise sur des drones intercepteurs légers et peu coûteux, capables de détruire des centaines de cibles adverses pour quelques milliers de dollars.
En France, la Direction générale de l’armement a déjà validé en conditions réelles le système HELMA-P, développé par Cilas, avec des tirs réussis depuis la frégate de défense aérienne (FDA) Forbin après des campagnes d’essais à Biscarrosse.
Israël, de son côté, poursuit le développement de Iron Beam, conçu par Rafael Advanced Defense Systems. Ce système laser d’environ 100 kW doit compléter le Iron Dome en interceptant roquettes, obus de mortier et drones à coût marginal.
Le 30 avril, le Financial Times a rapporté qu’Israël avait déployé Iron Beam aux Émirats arabes unis (EAU) afin d’aider Abou Dhabi à se défendre contre les centaines de missiles et de drones tirés par l’Iran depuis le début de l’opération Epic Fury menée par l’armée américaine.
Vers une défense aérienne réinventée
L’émergence des lasers de combat marque une évolution structurelle : face à des menaces nombreuses, rapides et peu coûteuses, la logique économique devient centrale. Les armes à énergie dirigée offrent une réponse quasi instantanée, à coût réduit et sans contrainte logistique de munitions.
Reste un défi majeur : la montée en puissance industrielle et l’intégration opérationnelle en environnement réel. Mais une chose est acquise : dans la guerre des drones, la bataille du coût par interception est désormais aussi décisive que la performance technologique.