Orion 2026 : la France en nation cadre face au choc de la haute intensité

De janvier à avril 2026, les armées françaises conduiront Orion 26, un exercice interarmées et interallié de tout premier plan. Mobilisant jusqu’à 12.500 militaires sur l’ensemble des champs de conflictualité, il vise à entraîner la France et ses partenaires à un engagement majeur de haute intensité, avant une intégration complète dans une opération de l’Otan.

Prévu de janvier à avril 2026, l’exercice Orion 26 constitue le rendez-vous majeur de la préparation opérationnelle des armées françaises et de leurs alliés.

© photo

Exercice central de la préparation opérationnelle des armées françaises, Orion 2026 s’inscrit dans un contexte de durcissement des compétitions stratégiques aux frontières de l’Europe. Menaces hybrides, actions informationnelles, cyberattaques et risques de confrontation armée structurent désormais l’environnement sécuritaire. Face à cette évolution, la France adapte son modèle de défense et affirme son rôle de nation cadre au sein du pilier européen de l’OTAN.

Organisé par le Centre expert du commandement interarmées, Orion 26 se déploiera en plusieurs phases. La première, engagée dès janvier, est consacrée à la planification opérationnelle. Elle vise à entraîner les structures de commandement stratégiques et opératives à l’élaboration d’ordres multinationaux traduisant l’intention politique en objectifs militaires, selon des processus partagés avec les alliés.

Sous commandement otanien

La phase centrale, du 8 février au 1er mars, verra le déploiement des forces sur le terrain dans le cadre d’une opération multi-domaine de haute intensité. Depuis la façade atlantique, les armées françaises, à la tête d’une coalition multinationale, conduiront des opérations de conquête de points d’entrée, d’acquisition de la supériorité locale, ainsi que des manœuvres amphibies et aéroportées. Cette séquence s’achèvera par le transfert de la conduite de l’opération à l’OTAN.

D’avril à fin avril, l’exercice basculera pleinement sous commandement otanien, illustrant la capacité des forces françaises et européennes à s’insérer dans la chaîne de commandement de l’Alliance et à opérer dans un cadre collectif.

Parallèlement, Orion 26 intègre une dimension interministérielle majeure sur le territoire national. Un wargame associant préfectures, ministères et commandements territoriaux testera la gestion d’une crise intérieure alors que les forces sont engagées à l’extérieur, ainsi que le rôle de la France comme nation hôte pour les forces alliées.

Inspiré de scénarios de l’OTAN, Orion 26 se distingue par un haut niveau de réalisme. Drones, exploitation de la donnée, connectivité, cyber et espace y occupent une place centrale. Au-delà de l’entraînement militaire, l’exercice constitue un marqueur stratégique de la montée en puissance des armées françaises et de la résilience de la Nation face à un conflit de grande ampleur.