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Mona Luna : l’Europe embarque pour la Lune avec Venturi Space
Dans la course à la Lune, une entreprise européenne fait entendre sa voix. Avec Mona Luna, son nouveau rover lunaire, Venturi Space veut offrir à l’Europe une capacité autonome de mobilité lunaire. Conçu à Toulouse, pensé pour Ariane 6, soutenu par l’ESA et le CNES, ce véhicule cristallise les ambitions spatiales du continent.
C’est à la fois un pari audacieux et une nécessité stratégique. Pour Gildo Pastor, président de Venturi Space, l’équation est claire : « L’espace est une nouvelle frontière, et Mona Luna est notre façon d’y avancer concrètement. » Cette avancée prend la forme d’un véhicule lunaire 100% européen. Baptisé Mona Luna, il a été dévoilé pour l’ouverture du SIAE et à quelques mois d’un sommet crucial pour le spatial européen.
Venturi Space France, antenne du groupe basée à Toulouse, dirige le projet de bout en bout. De la conception des systèmes embarqués jusqu’aux tests de vol spatial, en passant par l’intégration finale, tout sera piloté depuis la ville rose. Une manière d’ancrer le savoir-faire lunaire sur le sol européen et de structurer une filière industrielle capable de rivaliser avec les grandes puissances spatiales.
Forte de l’expérience acquise avec les rovers Flip et Flex, conçus en partenariat avec l’américain Venturi Astrolab, Venturi Space maîtrise déjà des composants critiques. Les roues hyperdéformables sont conçues en Suisse, les batteries haute performance sont fabriquées à Monaco.
Le rover de l’autonomie
Pensé pour être déployé par une fusée Ariane 6.4 via l’atterrisseur Argonaut, ce nouveau rover ambitionne bien plus que la simple exploration scientifique. D’un poids de 750 kg, équipé de trois batteries haute densité, d’un bras robotisé et d’un système de navigation autonome, il pourra atteindre 20 km/h. Il pourra aussi survivre à plusieurs nuits lunaires, un exploit encore rare.
Surtout, il pourra transporter des charges utiles pour les scientifiques… mais aussi, en cas de besoin, un astronaute en difficulté. Une capacité envisagée par l’ESA et le CNES dans leurs scénarios de missions humaines sur le pôle Sud de la Lune.
« Nous voulons offrir à l’Europe une solution robuste, évolutive et indépendante pour opérer sur la Lune », résume le Dr. Antonio Delfino, directeur des affaires spatiales chez Venturi Space. Message reçu par les agences spatiales européennes, qui soutiennent déjà Venturi dans l’étude de technologies critiques.
De la science au commerce lunaire
Derrière l’exploration, l’ambition commerciale n’est jamais loin. Si la première mission de Mona Luna visera les marchés institutionnels, l’entreprise veut rapidement s’ouvrir à d’autres usages : transport de matériel, exploitation in situ des ressources lunaires (comme l’hélium-3), logistique privée, voire opérations à vocation promotionnelle. L’idée ? Structurer une offre de mobilité lunaire sur le modèle de l’automobile terrestre, en capitalisant sur la fiabilité, la performance et l’esthétique.
Son design, signé Sacha Lakic, partenaire de Venturi depuis 25 ans, évoque une élégance mécanique qui tranche avec les engins lunaires traditionnels. « Mona Luna est avant tout une œuvre d’ingénierie. Le design n’est là que pour valoriser ce travail », a déclaré Sacha Lakic, lors de la présentation du Rover.
Dans un contexte où les États-Unis, la Chine et désormais l’Inde redoublent d’efforts pour s’implanter durablement sur notre satellite naturel, Venturi Space prend position avec une proposition concrète. Une initiative qui pourrait bien marquer le retour de l’Europe sur le devant de la scène lunaire, avec une vision : celle d’une présence soutenue, autonome et stratégique sur la Lune.